DeFi

Débuter avec les pools de liquidité sur un DEX

Apprenez à déposer une paire sur Uniswap ou PancakeSwap, calculer votre part du pool, estimer les frais et comprendre l’impermanent loss.

Débuter avec les pools de liquidité sur un DEX
Difficulté
Intermédiaire

Les pools de liquidité permettent de fournir deux tokens à un DEX afin de faciliter les swaps entre utilisateurs. En échange, le fournisseur de liquidité perçoit une part des frais générés par l’activité du pool.

Pour débuter, les deux noms à connaître sont Uniswap et PancakeSwap. Le principe est proche sur les deux plateformes, mais la façon de calculer votre part du pool, vos frais potentiels et votre risque change selon que vous utilisez une version V2 ou V3.

Ce guide se limite aux faits documentés officiellement pour vous aider à déposer une paire, estimer simplement vos revenus potentiels et comprendre le risque d’impermanent loss avant de vous lancer.

Prérequis

  • Un wallet compatible avec le réseau utilisé.
  • Deux tokens à déposer dans une paire prise en charge par Uniswap ou PancakeSwap.
  • Une compréhension minimale des swaps, des frais et du risque de variation de prix.

Matériel nécessaire

  • Wallet Web3 compatible
  • Deux tokens à déposer
  • Accès à l’interface Uniswap ou PancakeSwap

Étapes

  1. Choisir un DEX et une version de pool

    Commencez par identifier si vous déposez sur Uniswap ou PancakeSwap, puis vérifiez si la paire visée fonctionne en V2 ou en V3. Cette distinction est essentielle, car la logique de suivi des parts et des frais n’est pas la même.

    En V2, vous déposez une paire dans un pool classique et recevez des LP tokens. En V3, vous fournissez une liquidité concentrée sur une plage de prix, et votre position dépend de cette plage plutôt que d’un simple jeton fongible.

  2. Vérifier le fonctionnement exact du dépôt

    Quand vous déposez une paire sur un AMM, vous fournissez deux actifs pour que d’autres utilisateurs puissent les swapper. En échange, vous touchez une part des frais générés par les swaps exécutés dans ce pool.

    Sur Uniswap v2, cette part est représentée par des LP tokens ERC-20. Sur Uniswap v3, les positions sont spécifiques à une plage de prix et sont représentées comme des positions distinctes, et non comme un simple LP token fongible ; PancakeSwap suit la même logique générale entre V2 et V3.

  3. Déposer les deux tokens dans le bon ratio

    Une personne dépose deux tokens dans une interface de pool sur un ordinateur portable, avec un smartphone pour confirmer l’action et un indicateur visuel de ratio équilibré.

    Avant de confirmer le dépôt, assurez-vous de fournir les deux actifs dans le ratio du pool au moment de l’ajout de liquidité. C’est la règle de base documentée pour les AMM classiques comme Uniswap v2.

    Si vous ne respectez pas ce ratio, vous vous exposez à l’arbitrage. En pratique, l’interface aide souvent à préparer les montants, mais il reste utile de vérifier ce point avant de signer la transaction.

  4. Sélectionner le fee tier adapté

    Sur Uniswap v3, les fee tiers officiellement affichés par paire sont 0.01%, 0.05%, 0.3% et 1%. Sur PancakeSwap V3, l’interface swap EVM affiche couramment 0.01%, 0.05%, 0.25% et 1%, et la documentation des pools mentionne aussi un ensemble plus large de tiers disponibles pour le CLMM.

    Le fee tier influence directement les frais prélevés sur chaque swap. Il faut donc le noter avant le dépôt, car il entre dans toute estimation de revenus futurs.

  5. Définir une plage de prix en V3

    Réglage d’une plage de prix pour une position de liquidité concentrée, affichée sous forme de bande sur un graphique sans texte.

    Si vous utilisez Uniswap v3 ou PancakeSwap V3, choisissez une plage de prix pour votre position. Seule la liquidité active, c’est-à-dire la liquidité dont la plage contient le prix courant, gagne des frais.

    PancakeSwap indique qu’une plage par défaut est proposée par l’interface, avec possibilité de personnaliser le réglage. La documentation mentionne aussi l’option full range, même si elle est généralement moins mise en avant pour l’efficacité du capital.

  6. Calculer votre part du pool en V2

    Dans un pool V2, votre part du pool se calcule de façon simple : vos LP tokens divisés par le total des LP tokens. Cette proportion représente votre quote-part des réserves du pool et des frais accumulés.

    Pour un nouveau pool Uniswap v2, la documentation indique que les parts initiales mintées suivent la formule suivante : shares initiales = sqrt(x déposés × y déposés). Ce point sert surtout à comprendre comment naît la première base de parts dans un pool fraîchement créé.

  7. Estimer votre part active en V3

    En V3, il n’existe pas une part unique du pool aussi simple qu’en V2. Votre position dépend du fee tier choisi, de votre plage de prix et du fait que votre liquidité soit active uniquement quand le prix reste dans cette plage.

    Pour une estimation conceptuelle correcte, vous pouvez raisonner ainsi : votre liquidité active dans la plage / liquidité totale active dans la même plage. Cette approximation reflète le fait que seules les positions in-range gagnent des frais.

  8. Estimer les frais de swap gagnés

    Pour estimer grossièrement les frais, partez de quatre variables : le volume de trading du pool, le fee tier, votre part de liquidité active et le temps pendant lequel votre position reste in-range. Une formule simple consiste à écrire : frais estimés ≈ volume swappé × fee tier × votre part active × part revenant réellement aux LP.

    Sur Uniswap, certaines pools v3 peuvent aussi avoir un protocol fee, donc tout le fee ne revient pas forcément aux LP. Sur PancakeSwap, la documentation précise explicitement la répartition d’une partie des frais selon le tier : sur EVM, par exemple, 68% du fee total revient aux LP en 0.25%, 67% en 0.01%, 66% en 0.05% et 68% en 1%.

  9. Observer un exemple officiel de frais sur PancakeSwap

    La documentation PancakeSwap donne un exemple vérifié sur un pool à 0.25%. Après deux swaps opposés, les LP actifs et in-range gagnent 0.0017 CAKE et 0.0017 BNB.

    Cet exemple ne doit pas être lu comme une promesse de rendement. Il sert surtout à montrer que les frais sont versés aux positions actives, dans les deux actifs concernés par les swaps et selon la structure réelle du pool.

  10. Comparer vos gains potentiels au risque d’impermanent loss

    Comparaison visuelle entre gains potentiels de frais et risque d’impermanent loss sur un écran d’ordinateur portable, sans texte.

    L’impermanent loss correspond à la perte relative entre deux stratégies : fournir de la liquidité dans l’AMM, ou simplement conserver les tokens dans votre wallet. Uniswap relie ce phénomène aux variations de prix entre le moment du dépôt et celui du retrait dans un système régi par la formule x × y = k.

    Plus les prix bougent fortement, plus l’IL augmente en général. Uniswap indique aussi explicitement que, dans la plupart des cas, la liquidité concentrée augmente la probabilité d’impermanent loss par rapport à une exposition full range.

  11. Appliquer une formule simple d’impermanent loss

    Pour un AMM 50/50, vous pouvez utiliser la formule standard suivante, avec r = P_nouveau / P_initial : IL = 2√r / (1 + r) - 1. Cette formule est une déduction mathématique cohérente avec la mécanique du constant product.

    Deux repères usuels aident à se situer : si le prix double, l’IL est d’environ -5.72%. Si le prix est multiplié par 4, l’IL est d’environ -20.00%.

  12. Démarrer avec une méthode prudente

    Pour débuter, privilégiez des paires que vous jugez plus faciles à suivre, et si possible moins volatiles. La documentation PancakeSwap indique qu’en général les actifs plus volatils justifient des frais plus élevés pour compenser le risque d’IL, tandis que les stablecoins ont en général moins d’impermanent loss.

    En V3, évitez au départ une plage trop étroite. Vérifiez le fee tier réel avant le dépôt, estimez votre part active et comparez toujours le gain potentiel en frais au risque de perte relative par rapport au simple hold.

Erreurs fréquentes & dépannage

  • Confondre V2 et V3 alors que le mode de calcul de la part du pool change complètement.
  • Déposer les deux tokens dans un ratio différent de celui du pool sur un AMM classique.
  • Choisir une plage trop étroite en V3 et sortir rapidement hors range.
  • Estimer les frais à partir du seul fee tier sans tenir compte du volume et de la liquidité active.
  • Oublier de comparer les frais potentiels au risque d’impermanent loss.
  • Lire un rendement passé comme une garantie de rendement futur.

Astuces & pour aller plus loin

  • Commencez par vérifier si la paire visée est en V2 ou en V3 avant toute autre analyse.
  • En V2, suivez votre exposition avec la formule vos LP tokens / total des LP tokens.
  • En V3, raisonnez d’abord en liquidité active dans la plage plutôt qu’en “part du pool” au sens large.
  • Sur PancakeSwap, corrigez vos calculs avec la part du swap fee réellement reversée aux LP selon le tier.
  • Testez plusieurs scénarios de prix pour voir si les frais estimés peuvent réellement compenser l’IL.

Questions fréquentes

Quelle est la différence la plus simple entre V2 et V3 ?

En V2, votre position est représentée par des LP tokens et votre part du pool se calcule directement avec ces tokens. En V3, vous choisissez une plage de prix, et vous ne gagnez des frais que lorsque votre liquidité est active dans cette plage.

Comment calculer ma part du pool sur Uniswap v2 ou PancakeSwap V2 ?

La formule pratique est : vos LP tokens divisés par le total des LP tokens. Cette proportion représente votre quote-part des réserves du pool et des frais accumulés.

Comment raisonner sur ma part en V3 ?

Il n’existe pas une part unique aussi simple qu’en V2. Pour une estimation utile, raisonnez comme suit : votre liquidité active dans la plage divisée par la liquidité totale active dans la même plage.

Quels sont les fee tiers officiels mentionnés ici ?

Pour Uniswap v3, les tiers officiels affichés par paire sont 0.01%, 0.05%, 0.3% et 1%. Pour PancakeSwap V3 sur l’interface swap EVM, les tiers courants affichés sont 0.01%, 0.05%, 0.25% et 1%.

Pourquoi ma position V3 peut-elle cesser de gagner des frais ?

Parce qu’en concentrated liquidity, seuls les dépôts actifs et in-range gagnent des frais. Si le prix sort de votre plage, votre position ne contribue plus aux swaps jusqu’au retour du prix dans cette zone.

Comment estimer rapidement les frais gagnés ?

Une estimation grossière consiste à utiliser : volume swappé × fee tier × votre part active × part revenant réellement aux LP. Cette estimation reste théorique, car elle dépend du volume futur et du temps passé in-range.

Qu’est-ce que l’impermanent loss ?

C’est la perte relative entre le fait de fournir de la liquidité dans un AMM et le fait de simplement conserver les mêmes tokens dans votre wallet. Elle apparaît lorsque le prix des actifs varie par rapport au moment du dépôt.

La liquidité concentrée augmente-t-elle le risque ?

Oui, Uniswap indique explicitement que, dans la plupart des cas, la liquidité concentrée augmente la probabilité d’impermanent loss. Elle peut aussi rendre votre position inactive plus facilement si la plage choisie est trop étroite.

Conclusion

Débuter avec les pools de liquidité sur Uniswap ou PancakeSwap demande surtout de bien distinguer V2 et V3. En V2, la logique est plus simple : vous suivez vos LP tokens et votre part du pool se lit directement.

En V3, l’analyse devient plus fine, car vos frais dépendent du fee tier, de votre plage de prix et de votre temps réellement passé in-range. Dans tous les cas, l’objectif n’est pas seulement d’estimer les frais, mais de vérifier s’ils peuvent compenser le risque d’impermanent loss avant de déposer une paire.

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